AFFEN&Co 407, la Collégiale de l’AFFEN avec Camilo RODRIGUEZ, expert de l’IA
L’écriture comme premier terrain de bouleversement
L’apparition de modèles de langage comme ChatGPT a d’abord été marquée par le phénomène de la triche en milieu scolaire. Les enseignants ont été confrontés à des essais et des rédactions produits en un temps record, d’une pertinence et d’une qualité littéraire telles qu’ils avaient l’impression d’avoir affaire à des « génies littéraires ». Ce constat a immédiatement interrogé la valeur du texte produit par l’élève.
De la production littéraire au processus de réflexion
Les sources soulignent un changement de paradigme fondamental dans l’apprentissage :
- Le texte n’est plus une fin en soi : Dans un cadre pédagogique, la production d’un essai littéraire ne devrait pas être l’objectif ultime, mais plutôt un moyen pour démontrer une réflexion.
- L’importance du processus : Ce qui compte désormais, ce n’est plus seulement le résultat final (le texte écrit), mais tout le cheminement intellectuel, ce que la personne a appris et comment elle a structuré sa pensée derrière l’écrit.
- Remise en question des méthodes : Le système éducatif français, décrit comme « vieille école » et rigide, s’appuie encore fortement sur l’écrit traditionnel (comme pour les épreuves du Bac), alors que ces méthodes sont aujourd’hui directement challengées par l’IA.
La distinction entre les mots et l’action
Camilo Rodriguez, l’expert cité, apporte une nuance importante sur la nature de l’écrit généré par l’IA :
- « Juste des mots » : Un texte produit par une IA, qu’il s’agisse d’un plan de sport personnalisé ou d’un business plan, ne reste que des mots sur du papier.
- La primauté de l’exécution : L’écrit n’a de valeur que par ce que l’on en fait. Un plan sans exécution ou un business plan sans passage à l’acte ne sert à rien. L’essentiel n’est ni le prompt, ni la réponse écrite, mais l’utilisation concrète de ce résultat.
« Parler » à l’IA : une nouvelle forme d’écriture
Le concept de « Parler IA » remplace la simple rédaction :
- Une compétence métier : À l’avenir, ce n’est pas l’IA qui volera le travail des humains, mais plutôt une personne capable de « parler à l’IA » mieux qu’une autre.
- L’expertise humaine : Savoir quoi demander (le cadrage) et juger de la qualité de la réponse reste une compétence humaine que l’amateur ne possède pas forcément, même s’il dispose de l’outil.
En résumé, l’écriture n’est plus perçue comme une simple tâche de rédaction, mais comme une interface de pilotage et un support à l’action, où la valeur se déplace de la forme littéraire vers la pertinence de la stratégie et la capacité d’exécution.

